Le Laboureur et ses Enfants

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’Oût.
Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

Jean de La Fontaine

Le faux malade

Aucun vice n’est beau mais le plus laid de tous,
C’est de mentir : menteurs, point de pitié pour vous.

« Quoi ? déjà retourner en classe,
Lire une leçon qui me lasse,
Au lieu de m’amuser ici !
Je vais user de tromperie »…
Comme l’enfant parlait ainsi
La mère entra : « Mère chérie,
Si tu savais comme j’ai mal aux dents,
Mal au cœur, mal partout ! Tiens, c’est là-dedans…
Holà ! que je suis donc malade ! »
La mère tout d’abord pâlit :
« Mon pauvre enfant, il faut te mettre au lit ;
Cela tombe bien mal, c’est jour de promenade ;
Tes frères vont sortir avec un camarade…
– Comment donc, maman, c’est jeudi ?
– Maman, je me sens mieux, je ne suis plus malade !
– Plus malade ? Ah ! fripon, tu m’avais donc menti ?
– Eh bien moi, je m’en tiens à mon premier système :
– Au lit, pauvre malade, au lit, à l’instant même. »
Et la maman le fit coucher en plein midi.

Maman

Maman, tu es toute petite,
tu portes un bonnet blanc,
un corsage noir et un tablier bleu.
Tu marches dans notre maison,
tu ranges le ménage,
tu fais la cuisine et tu es maman.
Tu te lèves le matin pour balayer,
et puis tu prépares la soupe,
et puis tu viens m’éveiller.
J’entends tes pas sur les marches de l’escalier.
C’est le jour qui arrive avec l’école,
et je ne suis pas bien content.
Mais tu ouvres la porte,
c’est maman qui vient avec du courage et de la bonté.
Tu m’embrasses, et je passe les bras autour de ton cou
et je t’embrasse…

Charles-Louis Philippe

Mon beau village (chant)

Connais-tu mon beau village,
Qui se mire au clair ruisseau ?
Encadré dans le feuillage,
On dirait un nid d’oiseau.
Ma maison, parmi l’ombrage,
Me sourit comme un berceau.
Connais-tu mon beau village,
Qui se mire au clair ruisseau ?

Loin du bruit de la grand’ville,
A l’abri du vieux clocher,
Je cultive un champ fertile,
Un jardin près d’un verger,
Sans regret ni voeu stérile ;
Mon bonheur vient s’y cacher,
Loin du bruit de la grand’ville,
A l’abri du vieux clocher.

Quand ta voix, cloche argentine,
Retentit dans nos vallons.
Appelant sur la colline
Les bergers et leurs moutons,
Moi, joyeux, je m’achemine
En chantant vers mes sillons,
Quand ta voix, cloche argentine,
Retentit dans nos vallons.

Sous ton ciel, ô ma patrie.
Mon village est le plus beau !
Plein de lui, l’âme attendrie,
Je le vois dans ton drapeau,
Et je veux qu’il me sourit
Dans mes fils jusqu’au tombeau !
Sous le ciel de ma patrie,
Mon village est le plus beau

Frédéric Bataille

Sois Prudent

Sois prudent
Fais de tes membres des instruments du devoir
Et point une source de peine
Agis toujours en sage
Car une pierre lancée peut crever l’oeil du voisin
Une main levée peut entraîner une blessure
Un croc-en-jambe peut causer une fracture
Et, un rien qui tombe sur le corps humain
Peut l’affaiblir
Car l’étincelle engendre l’incendie.

Enoch MABASSI

Village Natal

Ici je suis chez moi,
Je suis vraiment chez moi.
Les hommes que je vois
Les femmes que je croise
M’appellent leur fils
Et les enfants leur frère.
Le patois que l’on parle est le mien;
Les chants que j’entends expriment
Des joies et des peines qui sont miennes
L’herbe que je foule reconnaît mes pas.

Jean-Louis Dongmo